Le premier livre des Rois fait partie des livres historiques de l'Ancien Testament. Il est reconnu comme canonique par toutes les traditions chrétiennes majeures, bien que l'ordre et la subdivision des livres des Rois puissent varier (la Septante et la Vulgate combinent 1 et 2 Rois en un seul livre).
1 Rois
Chapitre 20
Ben-Hadad, roi de Syrie, rassembla toute son armée; il avait avec lui trente-deux rois, des chevaux et des chars. Il monta, mit le siège devant Samarie, et l'attaqua.
Il envoya dans la ville des messagers à Achab, roi d'Israël, pour lui dire: Ainsi parle Ben-Hadad:
Ton argent et ton or sont à moi, et ce qu'il y a de plus précieux dans tes femmes et dans tes fils est à moi.
Le roi d'Israël répondit: Roi mon seigneur, je suis à toi avec tout ce que j'ai.
Les messagers revinrent, et dirent: Ainsi parle Ben-Hadad: Je t'ai fait dire: Tu me livreras ton argent, ton or, tes femmes et tes fils.
Cependant, demain, à cette heure, j'enverrai mes serviteurs chez toi; ils fouilleront ta maison et les maisons de tes serviteurs; ils mettront la main sur tout ce que tu as de précieux, et ils l'emporteront.
Le roi d'Israël appela tous les anciens du pays, et dit: Sachez que cet homme nous veut du mal! Il m'a envoyé demander mes femmes et mes fils, mon argent et mon or, et je ne lui ai rien refusé.
Tous les anciens et tout le peuple lui dirent: N'écoute pas, et ne consens pas!
Il dit aux messagers de Ben-Hadad: Dites à mon seigneur le roi: Pour ce que tu as envoyé demander à ton serviteur la première fois, je le ferai; mais pour cela, je ne puis le faire. Les messagers s'en allèrent, et lui rapportèrent la réponse.
Ben-Hadad envoya dire à Achab: Que les dieux me traitent dans toute leur rigueur, si la poussière de Samarie suffit pour remplir le creux de la main de tout le peuple qui me suit!
Et le roi d'Israël répondit: Qu'il ne se vante pas comme s'il avait déjà dépouillé!
Quand Ben-Hadad reçut cette réponse, il était à boire avec les rois dans les tentes. Il dit à ses serviteurs: Placez-vous en bataille! Et ils se placèrent en bataille contre la ville.
Mais voici, un prophète s'approcha d'Achab, roi d'Israël, et dit: Ainsi parle l'Éternel: Vois-tu toute cette grande multitude? Je te la livre aujourd'hui, et tu sauras que je suis l'Éternel.
Achab dit: Par qui? Et le prophète répondit: Ainsi parle l'Éternel: Par les serviteurs des chefs des provinces. Achab dit: Qui engagera le combat? Et le prophète répondit: Toi.
Achab passa en revue les serviteurs des chefs des provinces: il y en avait deux cent trente-deux. Après eux, il passa en revue tout le peuple, tous les enfants d'Israël; il y en avait sept mille.
Ils firent une sortie à midi. Ben-Hadad buvait et s'enivrait dans les tentes, lui et les trente-deux rois venus à son aide.
Les serviteurs des chefs des provinces sortirent les premiers. Ben-Hadad envoyer des espions, qui lui rapportèrent qu'il sortait de Samarie des gens.
Il dit: S'ils sortent pour la paix, saisissez-les vivants; s'ils sortent pour le combat, saisissez-les vivants.
C'étaient les serviteurs des chefs des provinces qui étaient sortis de la ville, et l'armée qui les suivait.
Ils frappèrent chacun son homme; les Syriens prirent la fuite, et Israël les poursuivit. Ben-Hadad, roi de Syrie, se sauva sur un cheval, avec des cavaliers.
Le roi d'Israël sortit, battit les chevaux et les chars, et fit éprouver aux Syriens une grande défaite.
Alors le prophète s'approcha du roi d'Israël, et lui dit: Va, fortifie-toi; examine et vois ce que tu as à faire, car, au retour de l'année, le roi de Syrie montera contre toi.
Les serviteurs du roi de Syrie lui dirent: Leur dieu est un dieu de montagnes; c'est pourquoi ils ont été plus forts que nous. Mais livrons-leur bataille dans la plaine, et l'on verra si nous ne serons pas plus forts qu'eux.
Fais encore ceci: ôte chacun des rois de son poste, et mets des gouverneurs à leur place;
forme-toi une armée pareille à celle que tu as perdue, avec autant de chevaux et autant de chars; puis combattons-les dans la plaine, et l'on verra si nous ne serons pas plus forts qu'eux. Il les écouta, et agit ainsi.
L'année suivante, Ben-Hadad passa en revue les Syriens, et monta à Aphek pour combattre Israël.
Les enfants d'Israël furent aussi passés en revue; ils reçurent des provisions, et ils marchèrent à la rencontre des Syriens. Ils campèrent vis-à-vis d'eux, semblables à deux petits troupeaux de chèvres, tandis que les Syriens remplissaient la contrée.
L'homme de Dieu s'approcha, et dit au roi d'Israël: Ainsi parle l'Éternel: Parce que les Syriens ont dit: L'Éternel est un dieu de montagnes, et non un dieu de vallées, je livrerai toute cette grande multitude entre tes mains, et vous saurez que je suis l'Éternel.
Ils campèrent sept jours en face les uns des autres. Le septième jour, on en vint à la bataille, et les enfants d'Israël tuèrent cent mille fantassins aux Syriens en un jour.
Le reste s'enfuit à Aphek, dans la ville; là, le mur tomba sur vingt-sept mille hommes qui restaient. Ben-Hadad s'enfuit aussi, et se réfugia dans la ville, dans une chambre secrète.
Ses serviteurs lui dirent: Voici, nous avons appris que les rois de la maison d'Israël sont des rois cléments; mettons-nous un sac autour des reins et une corde au cou, et allons vers le roi d'Israël; peut-être qu'il te laissera la vie.
Ils se mirent un sac autour des reins et une corde au cou, et ils allèrent vers le roi d'Israël, en disant: Ton serviteur Ben-Hadad dit: Laisse-moi la vie, je te prie! Achab répondit: Est-il encore en vie? Il est mon frère.
Ces hommes prirent cela comme un heureux présage, et ils se hâtèrent de le recueillir en disant: Oui, Ben-Hadad est ton frère! Achab dit: Allez, et amenez-le! Ben-Hadad vint vers lui, et Achab le fit monter sur son char.
Ben-Hadad lui dit: Je te rendrai les villes que mon père a prises à ton père; et tu auras des rues à Damas, comme mon père en avait à Samarie. Moi, dit Achab, je te laisserai aller, avec cette alliance. Il fit alliance avec lui, et le laissa aller.
L'un des fils des prophètes dit à son compagnon, par la parole de l'Éternel: Frappe-moi, je te prie! Et l'homme refusa de le frapper.
Alors il lui dit: Parce que tu n'as pas écouté la voix de l'Éternel, aussitôt que tu m'auras quitté, le lion te frappera. Quand il l'eut quitté, le lion le rencontra et le frappa.
Il rencontra un autre homme, et il dit: Frappe-moi, je te prie! Cet homme le frappa, et le blessa.
Le prophète alla se placer sur le chemin du roi, et il se déguisa avec un bandeau sur les yeux.
Lorsque le roi passa, il cria au roi, et dit: Ton serviteur était au milieu du combat; un homme s'est éloigné, et il m'a amené un homme en disant: Garde cet homme; s'il vient à s'échapper, ta vie répondra pour la sienne, ou tu paieras un talent d'argent.
Et pendant que ton serviteur s'occupait çà et là, l'homme a disparu. Le roi d'Israël lui dit: Voilà ton jugement; tu as toi-même décidé.
Aussitôt le prophète ôta le bandeau de dessus ses yeux, et le roi d'Israël le reconnut comme l'un des prophètes.
Alors il dit au roi: Ainsi parle l'Éternel: Parce que tu as laissé échapper de tes mains l'homme que j'avais voué à la mort, ta vie répondra pour la sienne, et ton peuple pour son peuple.
Le roi d'Israël s'en alla chez lui, triste et irrité, et il revint à Samarie.