Le premier livre des Rois fait partie des livres historiques de l'Ancien Testament. Il est reconnu comme canonique par toutes les traditions chrétiennes majeures, bien que l'ordre et la subdivision des livres des Rois puissent varier (la Septante et la Vulgate combinent 1 et 2 Rois en un seul livre).
1 Rois
Chapitre 3
Salomon s'allia par un mariage avec Pharaon, roi d'Égypte. Il prit la fille de Pharaon, et la conduisit dans la ville de David, jusqu'à ce qu'il eût achevé de bâtir sa maison, la maison de l'Éternel, et le mur d'enceinte de Jérusalem.
Le peuple sacrifiait sur les hauts lieux, car jusqu'à cette époque il n'avait point été bâti de maison au nom de l'Éternel.
Salomon aimait l'Éternel, et suivait les coutumes de David, son père. Toutefois il offrait des sacrifices et des parfums sur les hauts lieux.
Le roi se rendit à Gabaon pour y sacrifier, car c'était le principal des hauts lieux. Salomon offrit mille holocaustes sur l'autel.
A Gabaon, l'Éternel apparut en songe à Salomon pendant la nuit, et Dieu lui dit: Demande ce que tu veux que je te donne.
Salomon répondit: Tu as montré une grande bienveillance à ton serviteur David, mon père, parce qu'il marchait en ta présence dans la fidélité, dans la justice et dans la droiture de coeur envers toi; tu lui as conservé cette grande bienveillance, et tu lui as donné un fils qui est assis sur son trône, comme on le voit aujourd'hui.
Maintenant, Éternel mon Dieu, tu as fait régner ton serviteur à la place de David, mon père; et moi, je ne suis qu'un jeune homme, je n'ai point d'expérience.
Ton serviteur est au milieu du peuple que tu as choisi, peuple immense, qui ne peut être compté ni nombré à cause de sa multitude.
Accorde donc à ton serviteur un coeur intelligent pour juger ton peuple, pour discerner le bien et le mal! Car qui pourrait juger ton peuple, ce peuple si nombreux?
Cette demande de Salomon plut au Seigneur.
Et Dieu lui dit: Puisque c'est là ce que tu demandes, puisque tu ne demandes pour toi ni une longue vie, ni les richesses, ni la mort de tes ennemis, et que tu demandes l'intelligence pour exercer la justice,
voici, j'agirai selon ta parole. Je te donnerai un coeur sage et intelligent, de sorte qu'il n'y aura personne avant toi qui ait été semblable à toi, et qu'après toi personne ne sera semblable à toi.
Et je te donnerai, en outre, ce que tu n'as pas demandé, des richesses et de la gloire, de sorte qu'il n'y aura pendant toute ta vie aucun roi qui soit semblable à toi.
Si tu marches dans mes voies, en observant mes lois et mes commandements, comme l'a fait David, ton père, je prolongerai tes jours.
Salomon s'éveilla. Et ce fut un songe. Il revint à Jérusalem, et se tint devant l'arche de l'alliance du Seigneur. Il offrit des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces, et il donna un festin à tous ses serviteurs.
Alors deux prostituées vinrent chez le roi et se présentèrent devant lui.
L'une des femmes dit: Pardon, mon seigneur! Moi et cette femme nous demeurions dans la même maison; je suis accouchée, et elle était dans la maison.
Trois jours après, cette femme est aussi accouchée. Nous étions ensemble, personne étrangère n'était avec nous dans la maison; il n'y avait que nous deux.
Le fils de cette femme est mort pendant la nuit, parce qu'elle s'était couchée sur lui.
Elle s'est levée au milieu de la nuit, a pris mon fils à côté de moi, pendant que ta servante dormait, et elle l'a couché dans son sein; et elle a mis son fils mort dans mon sein.
Lorsque je me suis levée le matin pour allaiter mon fils, voici, il était mort. Je l'ai bien regardé le matin; et ce n'était pas mon fils, celui que j'avais enfanté.
L'autre femme répondit: Mais non! c'est mon fils qui est vivant, et c'est ton fils qui est mort. Celle-ci reprit: Mais non! c'est ton fils qui est mort, et c'est mon fils qui est vivant. C'est ainsi qu'elles parlèrent devant le roi.
Le roi dit: Celle-ci dit: Mon fils est vivant, et c'est ton fils qui est mort; et celle-là dit: Mais non! c'est ton fils qui est mort, et c'est mon fils qui est vivant.
Et le roi continua: Apportez-moi une épée. On apporta l'épée devant le roi.
Le roi dit: Coupez en deux l'enfant vivant, et donnez-en la moitié à l'une et la moitié à l'autre.
Alors la femme à qui appartenait l'enfant vivant sentit ses entrailles émues de compassion pour son fils, et elle s'écria: Pardon, mon seigneur! donnez-lui l'enfant vivant, et ne le faites point mourir. Mais l'autre dit: Il ne sera ni à moi ni à toi; coupez!
Et le roi, prenant la parole, dit: Donnez à la première l'enfant vivant, et ne le faites point mourir. C'est elle qui est sa mère.
Tout Israël apprit le jugement que le roi avait rendu; et l'on craignit le roi, car on vit que la sagesse de Dieu était en lui pour exercer la justice.