Le deuxième livre des Rois continue l'histoire des rois d'Israël et de Juda, débutant avec la fin du ministère d'Élie et la montée en puissance d'Élisée. Il relate la chute du royaume du Nord (Israël) aux mains des Assyriens, suivie de la chute du royaume du Sud (Juda) aux Babyloniens. Ce livre est canonique dans toutes les traditions chrétiennes majeures.
2 Rois
Chapitre 4
Une femme d'entre les femmes des fils des prophètes cria à Élisée, en disant: Ton serviteur, mon mari, est mort, et tu sais que ton serviteur craignait l'Éternel; or le créancier est venu pour prendre mes deux enfants et en faire ses esclaves.
Élisée lui dit: Que puis-je faire pour toi? Dis-moi, qu'as-tu dans la maison? Elle répondit: Ta servante n'a rien du tout dans la maison qu'un vase d'huile.
Alors il dit: Va, emprunte au-dehors des vases chez tous tes voisins, des vases vides, et n'en prends pas un petit nombre.
Quand tu seras rentrée, tu fermeras la porte sur toi et sur tes enfants; tu verseras de cette huile dans tous ces vases, et tu mettras de côté ceux qui seront pleins.
Elle le quitta, et elle ferma la porte sur elle et sur ses enfants; ils lui présentaient les vases, et elle versait.
Lorsque les vases furent remplis, elle dit à son fils: Présente-moi encore un vase. Mais il lui répondit: Il n'y a plus de vase. Et l'huile s'arrêta.
Elle alla le rapporter à l'homme de Dieu, qui dit: Va, vends l'huile, et paie ta dette; et tu vivras, toi et tes enfants, de ce qui restera.
Il arriva un jour qu'Élisée passait par Sunam. Il y avait là une femme de distinction, qui le pressa d'accepter à manger. Et toutes les fois qu'il passait, il se rendait chez elle pour manger.
Elle dit à son mari: Voici, je sais que cet homme qui passe chez nous est un saint homme de Dieu.
Faisons-lui, je te prie, une petite chambre haute avec des murs, et mettons-y pour lui un lit, une table, un siège et un chandelier, afin qu'il s'y retire quand il viendra chez nous.
Un jour qu'Élisée était venu dans ce lieu, il se retira dans la chambre haute, et il y coucha.
Il dit à Guéhazi, son serviteur: Appelle cette Sunamite. Guéhazi l'appela, et elle se présenta devant lui.
Élisée dit à Guéhazi: Dis-lui: Voici, tu as usé envers nous de toute cette bienveillance; que puis-je faire pour toi? As-tu besoin qu'on parle pour toi au roi ou au chef de l'armée? Elle répondit: J'habite au milieu de mon peuple.
Et il dit: Que faire pour elle? Guéhazi répondit: Mais elle n'a point de fils, et son mari est vieux.
Alors Élisée dit: Appelle-la. Guéhazi l'appela, et elle vint se présenter à la porte.
Élisée lui dit: A cette même époque, l'année prochaine, tu embrasseras un fils. Elle dit: Non! mon seigneur, homme de Dieu, ne trompe pas ta servante!
Et cette femme devint enceinte, et elle enfanta un fils à la même époque, l'année suivante, comme Élisée lui avait dit.
L'enfant grandit. Un jour qu'il était allé trouver son père vers les moissonneurs,
il dit à son père: Ma tête! ma tête! Le père dit à son serviteur: Porte-le à sa mère.
Le serviteur le porta, et le remit à sa mère; l'enfant resta sur ses genoux jusqu'à midi, puis il mourut.
Elle monta, le coucha sur le lit de l'homme de Dieu, ferma la porte sur lui, et sortit.
Elle appela son mari, et dit: Envoie-moi, je te prie, un des serviteurs et une des ânesses; je veux courir vers l'homme de Dieu, et je reviendrai.
Pourquoi iras-tu vers lui aujourd'hui? dit-il; ce n'est ni nouvelle lune, ni sabbat. Elle répondit: Tout va bien.
Elle fit seller l'ânesse, et dit à son serviteur: Mène-la, et va; ne m'arrête pas dans ma marche, sans que je te le dise.
Elle partit donc, et se rendit vers l'homme de Dieu, sur la montagne du Carmel. Quand l'homme de Dieu l'aperçut de loin, il dit à Guéhazi, son serviteur: Voici cette Sunamite!
Maintenant, cours donc à sa rencontre, et dis-lui: Te portes-tu bien? ton mari se porte-t-il bien? ton enfant se porte-t-il bien? Elle répondit: Bien.
Et elle arriva auprès de l'homme de Dieu sur la montagne. Elle saisit ses pieds. Guéhazi s'approcha pour la repousser; mais l'homme de Dieu dit: Laisse-la, car son âme est dans l'amertume, et l'Éternel me l'a caché et ne me l'a point révélé.
Alors elle dit: Avais-je désiré un fils de mon seigneur? n'ai-je pas dit: Ne me trompe pas?
Élisée dit à Guéhazi: Ceins tes reins, prends mon bâton dans ta main, et pars. Si tu rencontres quelqu'un, ne le salue pas, et si quelqu'un te salue, ne lui réponds pas; tu mettras mon bâton sur le visage de l'enfant.
La mère de l'enfant dit: L'Éternel est vivant et ton âme est vivante! je ne te quitterai point. Et il se leva, et la suivit.
Guéhazi les avait devancés, et il avait mis le bâton sur le visage de l'enfant; mais il n'y avait ni voix, ni signe d'attention. Il s'en retourna à la rencontre d'Élisée, et lui rapporta la chose, en disant: L'enfant ne s'est pas réveillé.
Élisée arriva dans la maison; voici, l'enfant était mort, couché sur son lit.
Il entra, ferma la porte sur eux deux, et pria l'Éternel.
Il monta, et se coucha sur l'enfant; il mit sa bouche sur sa bouche, ses yeux sur ses yeux, ses mains sur ses mains, et il s'étendit sur lui. Et la chair de l'enfant se réchauffa.
Élisée redescendit, et se promena dans la maison, de çà de là; puis il remonta, et s'étendit sur l'enfant. Et l'enfant éternua sept fois, et il ouvrit les yeux.
Élisée appela Guéhazi, et dit: Appelle cette Sunamite. Guéhazi l'appela, et elle vint vers lui. Élisée dit: Prends ton fils.
Elle vint se jeter à ses pieds, et se prosterna contre terre; elle prit son fils, et sortit.
Élisée revint à Guilgal. Il y avait une famine dans le pays. Comme les fils des prophètes étaient assis devant lui, il dit à son serviteur: Mets le grand pot, et cuis un potage pour les fils des prophètes.
L'un d'eux sortit dans les champs pour cueillir des herbes; il trouva de la vigne sauvage, et il y cueillit des coloquintes plein son vêtement. Quand il fut rentré, il les coupa dans le pot du potage, sans qu'on le sût.
On versa à manger à ces hommes; mais quand ils eurent mangé du potage, ils s'écrièrent: La mort est dans le pot, homme de Dieu! Et ils ne purent manger.
Il dit: Prenez de la farine. Il en jeta dans le pot, et dit: Sers à ces hommes, et qu'ils mangent. Et il n'y avait plus rien de mauvais dans le pot.
Un homme arriva de Baal-Schalischa. Il apporta à l'homme de Dieu du pain des prémices, vingt pains d'orge, et des épis nouveaux dans son sac. Élisée dit: Donne à ces hommes, et qu'ils mangent.
Son serviteur répondit: Comment mettrai-je cela devant cent hommes? Mais il dit: Donne à ces hommes, et qu'ils mangent; car ainsi parle l'Éternel: On mangera, et on en aura de reste.
Il mit alors devant eux, et ils mangèrent, et en eurent de reste, selon la parole de l'Éternel.